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2062, aller-retour vers le futur (Gaité Lyrique)

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2062 - Création de Geneviève Gauckler pour la Gaîté lyrique, décembre 2011

Si un voyage dans le temps vous tente, je vous invite à vous rendre à l’exposition 2062 pour un embarquement immédiat…

Dans 50 ans, la Gaîté lyrique fêtera son bicentenaire mais l’invitation est pour aujourd’hui. L’idée est de se projeter dans ce futur au sein d’une capsule spatio-temporelle…

Quelles seront les créations de demain ? Qu’est-ce qui changera votre vie (et qui peut-être la change déjà aujourd’hui ?).

Une visite de l’exposition en famille est proposée chaque samedi à 16h. Et de fait, c’est l’occasion de participer à quelques ateliers rigolos avec les enfants : une « grotte de Lascaux » du futur que vous explorerez avec une lampe torche, un message téléphonique que vous laisserez à votre attention et que vous pourrez réécouter dans 50 ans, des animaux qui se transformeront à votre approche, une micro-serre à construire en ville, etc…

Bref, de nombreux aller-retour dans le futur à travers une exposition, du théâtre, des concerts, des rencontres et des projections (agenda ICI).

L’exposition se tiendra jusqu’au 25 mars prochain. Il vous reste donc encore un mois pour voyager…

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Edvard Munch, l’oeil Moderne au Centre Pompidou jusqu’au 23 janvier 2012

DP Edvard Munch loeil moderne Affiche exposition1 234x300 Edvard Munch, l’oeil Moderne au Centre Pompidou jusqu’au 23 janvier 2012Parmi les expositions intéressantes de ce début d’année, celle qui est consacrée à Edvard Munch mérite toute votre attention.

De ce célèbre artiste norvégien (né le 12 décembre 1863), vous connaissez sûrement Le Cri, tableau expressionniste considéré comme son œuvre la plus importante. Le cri ne fait pas partie de cette exposition, qui met l’accent sur l’intérêt qu’a porté Edvard Munch aux nouvelles technologies de son époque : la peinture qu’il pratiquait bien sûr mais aussi le cinéma, la photographie, la presse… Il aimait se rendre au cinéma et avait très bien compris que ce media, ainsi la presse illustrée, instauraient de nouvelles formes de narration. Il disait volontiers peindre « ce qu’il voyait ».

Edvard Munch en quelques dates :

La mère d’Edvard Munch meurt de tuberculose alors que celui-ci n’est âgé que de 5 ans. Quelques années plus tard, sa sœur Sophie est emportée par la phtisie. Dans son œuvre, il reviendra souvent aux impressions de maladie, de mort et de tristesse dans lesquelles il a baigné durant son enfance.

Il commence à  étudier à l’Ecole Royale d’Art et de Dessin mais rapidement –  cet enseignement le laissant insatisfait – il préfère peindre en autodidacte et rejoint un groupe de 6 autres peintres avec lesquels il partage un studio. Influencé par Christian Krohg, un peintre naturaliste de l’époque dont l’atelier est situé tout près, il commence des séries de portraits représentant des gens ordinaires.

Il effectue en 1885 un court séjour à Paris et commence à peindre l’Enfant malade, inspiré du décès de sa sœur Sophie. Lorsqu’il présente cette  œuvre au Salon d’Automne de 1886, le public et la critique la considère comme floue, inachevée. Il a utilisé une technique de grattage qui rend les contours des personnages imprécis, il n’y a pas de perspective. Bien qu’il dynamite les codes de l’époque, le tableau restera accroché au mur

En 1889, Edvard Munch organise une exposition individuelle de ses œuvres à Kristinia. Il souhaite obtenir la reconnaissance de ses pairs mais surtout une bourse de deux ans octroyée par l’état Norvégien. Il y parvient et en octobre 1889, prend le chemin de Paris pour y poursuivre son travail. Il explore différentes tendances : impressionnisme, pointillisme et même symbolisme. Il suit des cours à l’atelier Léon Bonnat le matin et visite des expositions durant les après-midis.  Le père d’Edvard Munch décède peu après son arrivée à Paris. Il peint à cette époque Nuit (1890) puis délaisse l’atelier de Léon Bonnat. Il rédigera une note indiquant qu’« on ne peut plus peindre des intérieurs avec des hommes qui lisent et des femmes qui tricotent. On peindra des êtres vivants qui respirent et qui sentent, qui souffrent et qui s’aiment ».

DP Edvard Munch loeil moderne Femme en pleurs 1907 Edvard Munch, l’oeil Moderne au Centre Pompidou jusqu’au 23 janvier 2012

Il réalise à cette époque les esquisses de son œuvre la plus connue, le Cri, qui date de 1893.

En 1892, Edvard Munch est invité à présenter ses œuvres par le club d’Art de Berlin. Le scandale arrive de nouveau et il est considéré comme un provocateur. L’exposition est fermée mais Munch s’est fait une réputation. Il reste à Berlin et fréquente les artistes de l’époque.

En décembre 1893, Edvard Munch expose sur l’avenue Unter den Linden.  Il s’intéresse de plus en plus à la gravure et la lithographie, au détriment de la peinture. Il en réalise en collaboration avec l’imprimeur Auguste Clot. Deux affiches de programme pour des pièces d’Ibsen verront le jour à cette époque. En revanche, l’illustration des Fleurs du mal de Charles Baudelaire restera inachevée.

Edvard Munch repart en Norvège en 1898 et réalise les illustrations d’une édition spéciale du journal allemand Quickborn, avec des textes d’August Strindberg. Il entreprend ensuite un grand voyage, en compagnie de sa compagne Tulla Larsen, qui le mènera à Paris, Berlin, Nice, Florence et Rome.

Ses tableaux sont alors empreints de l’influence du mouvement Nabis et notamment de celle de Maurice Denis. Il peint Les filles sur le pont, tableau classique chargé d’émotions, pendant l’été 1901 à Åsgårdstrand. L’exposition présente aussi une seconde version de ce tableau, peinte en 1927.

En 1902, Edvard Munch présente pour la première fois à l’exposition de Sécession de Berlin la série de tableaux La Frise de vie (Lebensfries) dans son intégralité. Il y traite des thèmes de la vie, de l’amour, de la peur et de la mort. Sa vie personnelle est mouvementée et sa relation avec Tulla Larsen houleuse. Il  est blessé à la main gauche au cours d’une dispute avec elle alors qu’un coup de feu est tiré.

Cette même année, il commence à prendre des photos et, des indices tels que ses empreintes retrouvées sur des films, laissent à penser qu’il les développait lui-même. Très intéressé par les nouvelles technologies de l’époque, il  fait radiographier sa main (celle blessée lors de sa rupture avec Tulla Larsen) et se fera soigner à l’électricité quelques années plus tard, en 1908.

 DP Edvard Munch loeil moderne Puberte 2 versions 1024x739 Edvard Munch, l’oeil Moderne au Centre Pompidou jusqu’au 23 janvier 2012

Edvard Munch aime à recréer la « première impression ». L’exposition L’Œil Moderne présente plusieurs tableaux assez semblables les uns aux autres, peints à quelques années d’intervalle : la répétition est une constante de l’œuvre d’Edvard Munch. Il  vendait ses toiles et vivait de son art. C’est aussi probablement une des raisons pour lesquelles il a repris plusieurs fois ses sujets : il aurait voulu conserver toutes ses œuvres, ce qui n’était bien entendu pas possible. Certaines furent détruites (incendies, etc.), d’autres vendues. Il pouvait donc les « recréer ».  Il fut de son vivant un artiste reconnu, vendant ses tableaux très chers et touchant des revenus sur les tickets d’entrée de ses expositions, fait rare à l’époque. Il était aussi moderne de ce point de vue !

Avec la photo, la répétition est possible, en raison des tirages… Une des sections thématiques de l’exposition, la salle « compulsion » propose une photographie du modèle Rosa Meissner et plusieurs portraits et sculptures déclinés de cette photo prise en 1907.

En 1906, il est chargé de réaliser les décors de deux pièces de théâtre d’Ibsen : les Revenants et Hedda Gabler.

En 1908, Edward Munch, souffrant de dépression et d’hallucinations,  séjourne six mois dans une clinique à Copenhague.

DP Edvard Munch loeil moderne Le soleil 1910 13 Edvard Munch, l’oeil Moderne au Centre Pompidou jusqu’au 23 janvier 2012

En 1911, le premier cinéma de Kristinia, le Kosmorama, ouvre ses portes avec des toiles de Munch accrochées aux murs.

Il est exposé pour la toute première fois aux Etats-Unis en 1912. L’exposition sera présentée à New-York, Buffalo, Toledo, Chicago et Boston.

Il achète en 1916 la propriété d’Ekely, près d’Oslo. Solitaire mais reconnu, il mène une existence calme et continue à peindre.

En 1926, il se remet à la photographie, qu’il avait abandonnée depuis 1910 et initie sa sœur Inger. Il produit de nombreux autoportraits tout en écrivant que  « l’appareil photo ne peut pas concurrencer le pinceau et la palette ». Entre 1900 et 1944, il réalisera ainsi une quarantaine d’autoportraits.

Autoportraits 1907 et 1930 1024x675 Edvard Munch, l’oeil Moderne au Centre Pompidou jusqu’au 23 janvier 2012

Il fait également l’acquisition en 1927 d’une petite caméra. Un film de quelques minutes permet de constater son attrait pour le mouvement et la foule, lui qui est un solitaire.

En 1930, alors qu’il est âgé de 67 ans, une hémorragie dans le corps vitré de son œil droit altère sa vue. Il entreprend alors, pendant plusieurs mois de restituer graphiquement ce qu’il voit à travers son œil malade (La rétine de l’artiste, 1930).

Durant les années 30 et 40, ses œuvres considérées comme « dégénérées » seront retirées des musées allemands.

En 1939, il participe à  l’exposition Art in our Time au Museum of Modern Art de New-York.

Il meurt en Norvège le 23 janvier 1944.

Par chance, la fin de l’exposition a été reportée au 23 janvier 2012, il vous reste donc un peu plus de deux semaines pour aller admirer le travail d’Edvard Munch au Centre Pompidou. Le 23 janvier marquera d’ailleurs l’anniversaire de la mort de cet artiste moderne.